Energysquare lève 1 million d’euros pour charger sans fil

La start-up réalise un premier financement d’amorçage de 1 million d’euros pour convaincre fabricants d’appareils électroniques et de meubles d’adopter sa technologie de recharge par conduction électrique. Elle mise sur le BtoB pour s’imposer sur un marché encombré.

Saluée par les business angels en 2016 à l’issue d’une campagne de crowdfunding qui lui a permis de lever 100.000 euros sur Kickstarter, primée en 2017 au CES de Las Vegas pour son innovation, Energysquare veut passer un nouveau cap en 2018. « L’objectif est de signer des contrats avec plusieurs fabricants d’envergure et d’achever le développement de notre second produit, qui se concentre sur les ordinateurs portables », explique le CEO, Timothée Le Quesne.

La start-up, née en 2014 à l’occasion d’un concours d’étudiants, vient d’officialiser un premier financement d’amorçage de 1 million d’euros auprès de business angels et des réseaux Paris Business Angels et WeLikeStartUp-Investessor. Bpifrance a complété le tour de table. « L’idée est de valider notre concept et de convertir les clients potentiels à notre technologie », précise Timothée Le Quesne.

La recharge par conduction pour se démarquer

Energysquare propose une technologie de charge sans fil à destination de nombreux terminaux, des smartphones aux ordinateurs portables, en passant par les perceuses électriques.

Sur ce marché encombré – beaucoup d’acteurs existent, parmi lesquels Belkin, qui vient d’être racheté par Foxconn – l’entreprise mise sur la recharge par conduction pour se démarquer. « Nous visons des marchés où la recharge par induction, utilisée par la majorité de nos concurrents, ne peut pas aller pour des raisons d’ergonomie, de coût et de puissance », fait valoir Timothée Le Quesne.

L’entreprise ambitionne de standardiser sa technologie pour les équipements industriels. Des discussions sont en cours, aussi bien avec des fabricants d’appareils technologiques que de meubles : les surfaces dédiées à la recharge pourraient ainsi être directement intégrées à des tables, sur lesquelles l’utilisateur poserait le terminal à recharger. « Le BtoB permet une intégration de la technologie beaucoup plus intéressante, affirme le CEO d’Energysquare. Nous nous voyons comme un intermédiaire qui vendrait une licence aux fabricants et se rémunérerait par des royalties sur les produits vendus. »

L’Asie et les Etats-Unis dans le viseur

Avec le soutien de France Brevets, un fonds d’investissement en propriété intellectuelle détenu par l’Etat et la Caisse des Dépôts, et doté d’un budget de 200 millions d’euros, la start-up a déposé six brevets qui protègent son innovation. Un prélude nécessaire à son premier financement, selon Timothée Le Quesne. « Dans le hardware, il est très difficile de convaincre les investisseurs sans propriété intellectuelle. Avoir un portefeuille de brevets les a rassurés. »
Cette étape franchie, l’équipe va s’enrichir de profils R & D et vente et comptera huit collaborateurs d’ici au mois de juin. Elle entend déployer sa technologie aux Etats-Unis et en Asie à court terme.