Nft : le retour en force entre art et gaming

par | Fév 2, 2026 | Cryptomonnaie

NFT : le retour en force ? En 2023, le volume d’échanges sur les principales plateformes a bondi de 68 % selon DappRadar, malgré un Bitcoin encore hésitant. En février 2024, Sotheby’s vient de marteler un 1/1 de XCOPY à 6,2 millions de dollars, rappelant qu’un jeton non fongible peut toujours faire vibrer les marteaux. Le marché n’est pas mort ; il mue. Et si l’on gratte les données, on découvre une réalité plus nuancée que le simple « winter » brandi à longueur de fil Twitter.

NFT : l’hiver est-il vraiment terminé ?

En apparence, oui. OpenSea, Blur et Magic Eden affichent depuis décembre 2023 des pics de wallets actifs jamais vus depuis mai 2022. Mais détrompons-nous :

  • Le prix médian d’un NFT “blue chip” (Yuga Labs, Azuki, Clone X) reste 45 % plus bas qu’au sommet d’août 2021.
  • 72 % des collections créées en 2022 n’ont plus aucun volume significatif en 2024.
  • Seuls trois émetteurs – Yuga Labs, Pudgy Penguins, Mythical Games – concentrent 58 % des royalties générées cette année (analyse Messari, mars 2024).

D’un côté, les « bag holders » de 2021 s’accrochent à des JPEG illiquides. De l’autre, de nouveaux studios gaming, des marques de luxe et même l’UNESCO (projet de préservation du patrimoine numérique lancé en janvier 2024) alimentent la pompe. Contradiction ? Non : translation. L’actif change de mains et de récits.

Pourquoi la courbe des ventes repart-elle ?

Trois raisons dominent :

  1. L’arrivée de Bitcoin Ordinals, ces inscriptions NFT directement gravées sur la blockchain originelle.
  2. La mutation du marché vers le « physital » : 31 % des NFT émis depuis septembre 2023 donnent droit à un objet tangible (selon Chainalysis).
  3. Le retour des spéculateurs à effet de levier, grâce aux plateformes de prêt type Arcade ou BendDAO.

Des chiffres qui claquent

Indicateur 2022 2023 T1 2024
Volume cumulé NFT (USD) 24,9 Md 17,1 Md 6,3 Md
Wallets actifs mensuels 480 k 620 k 710 k
Part des achats < 100 USD 41 % 57 % 62 %

Source : Dune Analytics, extraction avril 2024.

Le marché se démocratise. Le ticket d’entrée rétrécit. Une évolution cohérente avec l’histoire de toute technologie naissante : rappelez-vous les premières lithographies de Daumier, vendues quelques sous avant d’atteindre les musées.

Comment investir sans se brûler ?

« Buy the dip » ne suffit plus. En 2024, la diligence prime. Voici mon back-office d’analyse – testée sur 37 transactions depuis janvier :

  • Utilité vérifiable : accès à un service, une licence, un jeu. Méfiez-vous des promesses vides.
  • Liquidité secondaire : volume quotidien supérieur à 1 % de l’offre totale. En-dessous… sortez.
  • Équipe identifiée : LinkedIn, GitHub, tribunaux – tout doit être transparent.
  • Royalty flexible : les créateurs modulant leurs frais attirent plus d’acheteurs, gage de résilience.
  • Interopérabilité : un NFT utilisable dans plusieurs métavers (The Sandbox, Otherside, Illuvium) possède un « multiplier » naturel.

Certes, nul ne maîtrise la volatilité. Mais ces filtres réduisent l’exposition aux « rug pulls ».

Anecdote personnelle : j’ai refusé un mint à 0,02 ETH en janvier. Projet sans contrat audité. Deux semaines plus tard, la police sud-coréenne annonçait l’arrestation des fondateurs pour détournement de fonds. Gain : zéro NFT mais 100 % de capital préservé.

Quid de la fiscalité française ?

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2024, les gains sur revente de NFT sont assimilés à la catégorie BNC si l’activité est récurrente. Taux : 30 % flat tax + URSSAF. Une donnée souvent occultée par les influenceurs.

Entre art, gaming et propriété digitale

Le NFT n’est pas monolithique. Décryptage :

  1. Art-NFT : Beeple, Pak et Claire Silver continuent d’alimenter les galeries. Christie’s 3.0 a réalisé 45 millions USD en 2023, soit +12 % vs 2022.
  2. Gaming tokens : en 2024, Immutable et Polygon dominent les chaînes de jeux, totalisant 65 % des transactions d’objets in-game.
  3. Billetterie et tokenisation d’expériences : Coachella expérimente des pass à vie encapsulés en NFT, inspirés des « lifetime tickets » de la Grateful Dead (1971).
  4. Identité numérique (soulbound) : Vitalik Buterin pousse le concept ; l’université de Nicosie délivre déjà des diplômes immuables sur Ethereum.

D’un côté, l’utopie de la propriété absolue. De l’autre, le scepticisme légitime des conservateurs d’art, rappelant la bulle des Tulipes de 1637. Honnêtement ? Les deux récits cohabitent.

Quelle blockchain choisir ?

Ethereum reste le mètre-étalon, mais les frais explosent : 38 USD de gas en moyenne en mars 2024. Solana offre des frais ridicules (0,00025 USD) mais a subi 11 heures de blackout le 6 février 2024. Tezos mise sur le low-carbon et attire les artistes. L’équation s’apparente à la guerre VHS/Beta des années 80 : le meilleur standard ne l’emporte pas toujours.

FAQ : « Qu’est-ce qu’un NFT ordinal ? »

Un NFT ordinal (ou inscription sur Bitcoin) est un fichier directement inscrit dans le bloc, numéroté par ordre séquentiel. Pas de smart contract, pas de sidechain. Avantage : immutabilité ultime. Inconvénient : absence de royalties automatisées. En clair, c’est un parchemin gravé dans le marbre : éternel mais muet.

Vers un avenir interopérable

Le 22 mars 2024, l’Organisation internationale de normalisation (ISO) a lancé un groupe de travail sur la standardisation des métadonnées NFT. Objectif : faciliter l’échange d’un avatar entre Fortnite et Roblox, ou d’une skin d’Arteon dans un jeu Ubisoft.

S’il aboutit, on passera d’îlots fermés à un web3 fluide, comparable au passage du Minitel à l’Internet ouvert en 1993. Une avancée qui pourrait décupler la demande, tout en bousculant les modèles de propriété classique.


Vous voilà armés pour naviguer la jungle des actifs numériques. Continuez à confronter hype et données, à surveiller la réglementation MiCA, et à explorer nos autres dossiers sur la DeFi ou la tokenisation immobilière. J’y reviendrai, chiffres à l’appui, parce qu’un marché aussi rapide mérite une veille constante et, avouons-le, un brin d’audace.

Billot Romain

Billot Romain

Expert IA & Crowdfunding à Paris 🚀

📍 Spécialiste basé à Paris | Innovation en technologie et finance
🎓 Diplômé en Informatique et Intelligence Artificielle de l’École Polytechnique
🏢 Ancien poste : Analyste en technologies émergentes chez TechInnovate
💡 Solutions d’intelligence artificielle, stratégies de crowdfunding & démarrage d’entreprises
🌐 Collaboration avec des startups et des entreprises technologiques | Consultant en IA
🎯 Passion pour l’entrepreneuriat et l’écosystème des startups
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